mardi 3 novembre 2009

Livre, où es-tu?


Les romans de Christian Mistral, lorsqu'ils me voient arriver, détalent et vont se cacher là où je ne peux les acheter. Je dois pourtant lire Vamp pour la semaine passée, rédiger un communiqué de presse, une annonce publicitaire et un résumé de 750 mots avant mardi prochain. Sinon, c'est officiel, j'échoue lamentablement le cours de Communication écrite et je suis promise à un bel avenir de caissière déprimée et déprimante au Wal-Marde.

En attendant de trouver miraculeusement un exemplaire du livre convoité, je farfouille le web à la recherche d'articles sur le-dit opus. C'est décourageant. On dirait que Google s'amuse à me démotiver, tellement les mauvaises critiques sont concentrées sur la première page de résultats.
«[...] une caricature qui convient à son narcissisme.»
Ah bon. C'est mal? Il me semblait pourtant que se regarder le nombril, c'était la marque de commerce de la littérature québécoise. Mais bon, je ne peux pas parler, je n'ai lu que 50 pages du roman, et mon clavier me fait chier à n'afficher le chiffre cinq que par intermittence, et je me souviens à peine de ce que Mistral racontait et comment il le faisait. Sauf que. Sauf que. Je crois qu'un auteur a bien le droit de se sentir le centre du monde dans son livre, c'est justement son livre. Je crois aussi qu'un style élaboré, dans un texte littéraire, c'est loin d'être un défaut, même si ça «brouille un texte qui aurait pu être beaucoup plus fluide».
Je crois, finalement, que je vais arrêter de défendre un écrit que je n'ai pas lu. En espérant que je le lise, un jour.

Et puis je lis Frédéric Beigbeder pour la première fois. Windows on the World, j'ai parcouru soixante-trois pages au Starbucks puis dans un autobus, même si ça tanguait dangereusement à cause de mon Espresso Chocolate Truffle et du mal des transports. J'aime bien.
Et puis j'ai englouti Oscar et la dame rose de ce génie qu'est Eric-Emmanuel Schmitt. Ça m'a donné envie de croire en Dieu à nouveau, même si j'utilisais un feuillet de paroles de Marilyn Manson en guise de signet, même si je suis irrévocablement athée. Ça m'a fait pleurer, aussi. Dans l'autobus bondé, évidemment. Comme si je pouvais verser des larmes pour un bouquin dans un endroit plus discret.
Et puis je me suis procuré Le Matou, ce classique qui fait un trou immense dans ma culture. L'ouvrage est tellement volumineux que ça ressemble davantage à une arme offensive qu'à une histoire, et c'est imprimé tellement petit que je vais souffrir de cécité, c'est assuré.
Et puis il y a le projet de fin de session en Lecture et culture qui approche, qui me rend toute joyeuse. Parce qu'il y a juste moi pour se réjouir de parler pendant quinze minutes devant toute la classe d'un récit parlant du petit-moustachu-autrichien-autrefois-à-la-tête-d'un-parti-antisémite-en-Allemagne et de la notion de mal. Je vais présenter La Part de l'autre de Schmitt, au cas où ça intéresserait quelqu'un.
Et puis j'abuse des et puis, je suis fatiguée, je fais plein de fautes et ce que j'écris n'a aucun intérêt.


PS: J'ai croisé Polaroid hier, tout de suite après la rédaction de mon article aussi noir qu'un sac de poubelle. Il m'a fait rire, je ne sais pas trop comment. Et ça m'a fait comprendre pourquoi j'ai autant d'intêret pour lui. Il me regarde droit dans les yeux quand il me parle. Il a l'air présent, il a l'air de reconnaître que j'existe... en tout cas, quand Joues-Rouges n'est pas là.

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