lundi 2 novembre 2009

Retour à la réalité.


Bien oui. Évidemment. Ça ne pouvait pas se terminer avec sa main sur la mienne, ses histoires de judo, sa grippe H1N1 et nos rires qui s'entremêlent au-dessus d'un mauvais repas de la cafétéria. C'était trop beau pour éventuellement devenir vrai. Il fallait qu'il soit en couple avec cette fille aux joues trop rouges, et que je me retrouve sur un banc en bois, toute seule avec mon café et mon thermos de soupe qui refroidit dans mon sac. Je le sais, ça se passe toujours comme ça.

J'ai beau me dire que je n'ai que dix-huit ans, que j'ai le temps, que je vais le trouver, mon artiste pour qui je serais la muse. Que je devrais profiter de mon célibat au lieu de me rendre malheureuse en pensant à l'amour (même pas le grand avec un A majuscule, juste l'amour, même petit, même insignifiant) qui semble tomber sur la tomate de tout le monde sauf moi.
On dirait que je ne suis pas capable de me croire. Je ne vois que ces gens qui ne vivent plus seuls qu'au moment où ils ne vivent plus, je me dis que c'est sans aucun doute mon destin. Puis il y a mon accoutrement de pessimiste, avec ma bouche qui tire vers le bas et mes yeux ancrés dans le mur gris, qui me fait probablement passer à côté de pleins de rencontres, de pleins de bonheur. Alors ça me rend encore plus triste, encore plus terne.
Je le sais, mais ça ne change rien. Je n'ai que dix-huit ans, et ça fait déjà plusieurs années que j'ai ce moral de carton mouillé. Franchement, je doute que ça puisse changer.

Mais j'ai toujours cette minuscule parcelle de romantique finie, qui me force à faire perdurer l'espoir. À m'habiller en jaune plutôt que tout en noir. À sourire à ceux que je croise, parce que peut-être... À me raconter des histoires de fée, avec un prince frisé, des déclarations en alexandrins, une tasse de café aux arrière-goûts de chocolat et des zygomatiques qui ne supportent plus de rire.

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